Feuille de route 2025-2026 pour un sommeil de qualité — ce qu’il faut savoir

Contexte et enjeux : pourquoi ce plan est-il nécessaire ?
Le sommeil est un déterminant majeur de santé physique et mentale. Les données de Santé publique France montrent une diminution progressive du temps de sommeil moyen au cours des dernières décennies. Une proportion importante d’adultes dort désormais moins que les recommandations scientifiques.
Dans ce contexte, la Feuille de route interministérielle pour un sommeil de qualité 2025-2026 a été dévoilée le 22 juillet 2025 afin de coordonner les actions publiques autour de cet enjeu majeur.
Chiffres clés sur le sommeil en France
| Indicateur | Valeur observée / estimation | Source |
|---|---|---|
| Durée moyenne de sommeil en semaine (adultes 18-75 ans) | ≈ 6 h 42 min (jours travaillés) | Baromètre Santé publique France 2017 |
| Durée moyenne de sommeil les jours non travaillés | ≈ 7 h 26 min | Baromètre Santé publique France 2017 |
| Part des adultes dormeurs « courts » (≤ 6 h/24 h) | 35,9 % | Baromètre Santé publique France 2017 |
| Prévalence d’insomnie chronique | ≈ 13,1 % | Baromètre Santé publique France 2017 |
| Prévalence d’insomnie (tous types) | 10 % à 20 % des adultes | Enquêtes populationnelles & études européennes |
Ces données indiquent que de nombreux Français dorment moins que les 7 à 9 heures recommandées, ce qui augmente les risques de troubles métaboliques, cardiovasculaires et psychiques.
Objectifs et mesures de la Feuille de route 2025-2026
Le plan national comporte 25 mesures réparties en plusieurs axes prioritaires :
- Promouvoir le sommeil comme déterminant de santé auprès de la population générale.
- Sensibiliser les jeunes, les familles, les travailleurs et les employeurs.
- Améliorer l’environnement de vie et de travail (bruit, lumière, rythmes, horaires).
- Renforcer le repérage et la prise en charge des troubles du sommeil, notamment en médecine générale.
- Développer la recherche et le suivi des données sur le sommeil à l’échelle nationale.
Ces actions mobilisent les acteurs publics, le système éducatif, les entreprises, les associations, et les professionnels de santé.
Recommandations pratiques (hygiène du sommeil)
Les recommandations ci-dessous sont cohérentes avec celles de l’Institut du Sommeil et de la Vigilance (INSV) et soutenues par la littérature scientifique :
- Respecter des horaires réguliers de coucher et de lever.
- Aménager une chambre fraîche, sombre, calme et confortable.
- Limiter l’exposition aux écrans au moins 1 heure avant le coucher.
- Éviter caféine, alcool et tabac en soirée.
- Pratiquer une activité physique quotidienne, idéalement plusieurs heures avant le coucher.
Pourquoi le dépistage et la prise en charge des troubles du sommeil sont essentiels
Les troubles du sommeil (insomnie, apnée du sommeil, hypersomnies) sont associés à :
- fatigue chronique et somnolence diurne ;
- déficits de concentration et de mémoire ;
- risques accrus d’obésité, de diabète et d’hypertension ;
- troubles anxieux et dépressifs ;
- risque augmenté d’accidents de la route ou du travail.
La feuille de route insiste sur l’importance de repérer ces troubles tôt, notamment via des consultations de médecine générale et des centres spécialisés du sommeil.
Conclusions et enjeux pour 2026
La feuille de route 2025-2026 constitue une avancée majeure dans la reconnaissance du sommeil comme enjeu national de santé publique. Si les actions prévues sont déployées efficacement, elles pourraient améliorer significativement la santé, la qualité de vie et la productivité des citoyens.
Un sommeil de qualité est un besoin physiologique essentiel, au même titre que l’alimentation ou l’activité physique.
FAQ : Sommeil, santé et réglementation en France
Les réponses ci-dessous sont d’ordre général et informatif. Elles ne remplacent pas un avis médical ou juridique personnalisé.
1. Le droit français reconnaît-il un « droit au sommeil » ?
Il n’existe pas, à ce jour, d’article de loi intitulé « droit au sommeil ». En revanche, plusieurs textes protègent indirectement le sommeil en encadrant le temps de travail, le repos quotidien et le repos hebdomadaire.
Le Code du travail impose notamment un repos minimal entre deux journées de travail et un repos hebdomadaire, afin de préserver la santé des salariés. Ces règles ont un impact direct sur la durée et la qualité du sommeil. Pour plus de détails, vous pouvez consulter les fiches officielles sur service-public.fr ou sur travail-emploi.gouv.fr.
2. Quelles sont les règles de repos quotidien et hebdomadaire pour les salariés ?
En France, le salarié bénéficie en principe :
- d’un repos quotidien d’au moins 11 heures consécutives entre deux journées de travail ;
- d’un repos hebdomadaire d’au moins 24 heures consécutives, qui s’ajoute au repos quotidien, soit un total d’au moins 35 heures consécutives sans travail ;
- d’un maximum de 6 jours de travail consécutifs.
Des dérogations existent dans certains secteurs (santé, hôtellerie, saisonnier, etc.), mais elles sont encadrées et doivent tenir compte de la protection de la santé. Les textes de référence sont disponibles sur service-public.fr.
3. Travail de nuit : quelles protections pour ma santé et mon sommeil ?
Le travail de nuit est strictement encadré, car il perturbe les rythmes veille-sommeil et augmente certains risques de santé. En règle générale :
- la durée maximale de travail de nuit est limitée (en pratique, la moyenne hebdomadaire sur plusieurs semaines ne doit pas dépasser un certain nombre d’heures) ;
- le salarié de nuit doit bénéficier de temps de repos adaptés et, dans certains cas, d’un suivi médical renforcé ;
- des compensations (repos ou contreparties financières) peuvent être prévues par la convention collective ou l’entreprise.
Si vous travaillez régulièrement de nuit et ressentez une fatigue importante ou des troubles du sommeil, il est recommandé d’en parler à votre médecin traitant et au médecin du travail, qui peut proposer des aménagements.
4. Somnolence au volant : que dit la loi ?
La fatigue et la somnolence au volant augmentent fortement le risque d’accident. Le Code de la route impose au conducteur d’être en état de conduire. Si un conducteur roule alors qu’il est manifestement trop fatigué, il peut être sanctionné, par exemple sur la base de l’article R412-6 (« être en état et en position d’exécuter commodément et sans délai toutes les manœuvres qui lui incombent »).
En pratique, en cas de contrôle, un conducteur peut être verbalisé si son état de fatigue apparaît incompatible avec une conduite sûre. En cas d’accident, la fatigue peut être retenue comme facteur aggravant. Pour des conseils pratiques, consultez par exemple preventionroutiere.asso.fr.
5. Mon apnée du sommeil est-elle reconnue et remboursée ?
L’apnée obstructive du sommeil est une maladie reconnue et fréquemment prise en charge par l’Assurance Maladie. Le traitement le plus courant (ventilation en pression positive continue, dite « PPC ») peut être remboursé lorsqu’il répond à certains critères médicaux (notamment en cas d’apnée dite « sévère » et après accord préalable).
La prise en charge n’est pas systématiquement à 100 % (l’apnée du sommeil n’est généralement pas classée en ALD exonérante), mais une partie importante du coût est couverte, avec un complément éventuellement assuré par la mutuelle.
Pour des informations à jour, vous pouvez consulter la fiche officielle sur ameli.fr ou en parler avec votre pneumologue / médecin du sommeil.
6. Sommeil et arrêt de travail : puis-je être arrêté pour un trouble du sommeil ?
Oui. Un trouble du sommeil sévère (insomnie majeure, apnée du sommeil mal contrôlée, hypersomnies, troubles du rythme veille-sommeil, etc.) peut justifier un arrêt de travail si votre état ne vous permet plus de travailler en sécurité ou dans de bonnes conditions.
La décision appartient au médecin, en fonction de votre état clinique, de votre métier (travail de nuit, conduite professionnelle, travail en hauteur, etc.) et des risques encourus pour vous et pour les autres.
L’arrêt de travail est encadré par les mêmes règles que pour les autres pathologies (déclaration à l’Assurance Maladie, indemnités, etc.).
7. Mon employeur doit-il adapter mon poste si j’ai un trouble du sommeil ?
L’employeur a une obligation de sécurité vis-à-vis de ses salariés. Lorsque des troubles du sommeil ont un impact significatif sur la capacité à travailler (fatigue extrême, somnolence diurne, risque d’accident), le médecin du travail peut proposer :
- des aménagements d’horaires (réduction de travail de nuit, évitement des postes les plus à risque) ;
- un changement temporaire ou définitif de poste, si nécessaire ;
- des conseils pour coordonner prise en charge médicale et situation professionnelle.
Il est donc important de signaler vos difficultés au médecin du travail, qui est tenu au secret médical vis-à-vis de l’employeur. Vous pouvez le contacter directement, sans passer par votre hiérarchie.
8. Où trouver des informations officielles et fiables sur sommeil et santé en France ?
Pour des informations à jour, neutres et validées, vous pouvez consulter en priorité :
- sante.gouv.fr (Ministère de la Santé) et la feuille de route sommeil 2025-2026 ;
- ameli.fr pour la prise en charge et les remboursements ;
- Institut du Sommeil et de la Vigilance pour les conseils d’hygiène du sommeil ;
- service-public.fr pour les droits des salariés ;
- sécurité-routière.gouv.fr pour la somnolence au volant.




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