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Arrêt de la PPC : échec fréquent, causes et solutions pour reprendre.

Jan 30, 2026 | Le sommeil, Mieux Dormir | 0 commentaires

J’ai arrêté la PPC. Et maintenant ?

Arrêter la pression positive continue (PPC) n’est pas une défaillance personnelle. Et ce n’est certainement pas la preuve que le traitement n’est pas fait pour vous. Comprendre l’échec, lever la culpabilité et reconstruire une reprise possible est la bonne démarche à entreprendre pour la suite !

Ce qu’il faut retenir

  • Arrêter la PPC est fréquent et documenté.
  • Les causes sont médicales, techniques et psychologiques, rarement uniques.
  • Une reprise est possible, même après un échec prolongé. Elle nécessite méthode, écoute et adaptation.
  • Le parcours de soins peut être simplifié sans être appauvri.
  • L’apnée du sommeil est une maladie chronique.
  • La PPC est un traitement efficace, mais ce n’est pas un test de volonté.
  • Si vous avez arrêté, vous n’avez pas échoué. Vous avez simplement atteint une étape qui mérite d’être comprise, accompagnée et retravaillée

J’ai arrêté la PPC : comprendre les raisons avant de passer à la suite

« J’ai arrêté la PPC .» « Je n’arrive pas à la supporter. »

Pourquoi certains patients diagnostiqués pour un syndrome d’apnées obstructives du sommeil interrompent ou utilisent insuffisamment leur traitement par pression positive continue dans les premiers mois ? La réponse nous est donnée par une étude de 2007 signée Weaver et Grunstein. Les auteurs soulignent que près de 83 % des personnes observées utilisent la PPC de la mauvaise manière.

L’échec de la PPC est fréquent, multifactoriel et réversible. À condition de le comprendre, de le nommer et de l’aborder comme une étape du parcours de soins, pas comme sa fin.

Arrêter puis reprendre la PPC : un phénomène courant, normal, réversible

La PPC est un traitement mécaniquement simple mais humainement complexe.

Elle agit la nuit, sur un corps endormi, sur une respiration inconsciente, sur une intimité rarement partagée. La PPC impose une présence physique continue, une interface faciale, un bruit (bien que nettement moindre que celui des ronflements), une contrainte posturale. Elle intervient précisément là où le patient n’a aucun contrôle conscient : le sommeil.

Une étude publiée dans l’IJCHP du troisième trimestre 2025 consacré aux troubles du sommeil

, montre que près de la moitié des patients équipés d’une PPC utilisent l’appareil moins de 4 heures par nuit, en-deçà des recommandations en la matière. En conséquence, la majorité des abandons surviennent dans les trois premiers mois. Non pas parce que le diagnostic était faux, mais parce que l’adaptation n’a pas été suffisamment accompagnée.D’où l’utilité de poser ce cadre dès le départ : loin d’être considéré comme un refus de soins, arrêter la PPC est un signal. Un signal que quelque chose n’a pas fonctionné dans l’ajustement entre un traitement efficace sur le papier et une vie réelle, avec ses contraintes, ses peurs et ses habitudes.

Pourquoi certains patients n’arrivent pas à supporter la PPC ?

Les raisons de cette difficulté d’adaptation à la PPC sont rarement uniques ; elles s’entremêlent le plus souvent autour de facteurs médicaux, techniques et psychologiques qu’il est indispensable de distinguer pour comprendre l’échec et envisager une reprise adaptée.

1. Les causes médicales souvent sous-estimées

La PPC est prescrite pour traiter une pathologie hétérogène. Derrière le terme générique « apnée du sommeil » se cachent des réalités cliniques très différentes.

Un patient avec un index d’apnées sévère mais peu symptomatique éprouve une perception différente qu’un patient modérément atteint mais extrêmement somnolent.

Cette discordance entre gravité objective et ressenti subjectif est l’un des moteurs majeurs de l’abandon. Selon une étude publiée dans le Journal of Clinical Sleep Medicine (Vol. 5, No. 3, 2009), il est impératif de diagnostiquer précisément la présence et la sévérité de l’apnée obstructive du sommeil par une évaluation clinique et des tests de sommeil avant tout traitement, afin d’évaluer les risques de complications, de choisir la thérapie adaptée et d’établir une référence pour mesurer l’efficacité des soins futurs.

Autres facteurs médicaux fréquents :

  • Obstruction nasale chronique, rhinite, déviation de la cloison.
  • Sécheresse des muqueuses ou fuites liées à un masque inadapté.
  • Comorbidités respiratoires ou cardiovasculaires mal prises en compte.
  • Mauvais réglage initial de la pression, trop élevée ou mal tolérée.

De fait, une PPC mal tolérée n’est pas une PPC inefficace, c’est une PPC mal adaptée.

2. Les causes techniques, rarement expliquées au patient

Le mot « PPC » donne l’illusion d’un dispositif unique. En réalité, il existe une multitude de configurations possibles.

  • Masque nasal, narinaire, facial.
  • Pression fixe, auto-ajustée.
  • Humidification chauffante ou non.
  • Rampes de pression, expirations assistées, algorithmes de confort.

Dans les faits, beaucoup de patients arrêtent la PPC sans jamais avoir testé plus d’une interface. Alors qu’il suffirait peut-être d’un changement de masque ou d’algorithme pour améliorer significativement l’adhésion chez les patients en difficulté initiale.

Autrement dit, ne pas supporter la PPC dans une configuration donnée ne préjuge en rien de la tolérance d’une autre.

3. Les causes psychologiques, trop souvent passées sous silence

C’est probablement le volet le plus sensible, et pourtant le plus déterminant.

Porter un masque la nuit touche à l’image de soi, à la vulnérabilité, parfois à la relation de couple. Certains patients parlent de sensation d’étouffement, de perte de contrôle, voire de panique nocturne. Ces réactions ne sont ni rares ni pathologiques. L’étude de Stepnowsky et al. (2002) suggère que les variables sociocognitives sont significativement associées à l’observance du traitement par PPC dès le premier mois. Ces facteurs psychologiques, tels que l’importance accordée à la santé et l’internalité, expliquent à eux seuls environ 24 % de la variance de l’adhérence thérapeutique.

Un patient qui dit « je n’arrive pas à supporter la PPC » dit parfois autre chose : « Je ne me reconnais plus la nuit. » Ignorer cette dimension revient à traiter une apnée comme un simple problème de tuyauterie. Or le sommeil est un territoire intime, chargé d’émotions et de représentations.

Échec de la PPC : que faire concrètement ?

Face à l’échec de la PPC, que faire ?

La pire option est l’inaction silencieuse. Ranger l’appareil dans un placard sans en parler ne fait pas disparaître l’apnée. Elle continue, nuit après nuit, avec ses conséquences cardiovasculaires, métaboliques et cognitives bien établies.

Reprendre la PPC est possible, même après plusieurs mois ou années d’arrêt. Mais cela nécessite une méthode.

Étape 1 : Revenir au diagnostic, sans présupposé

Avant de parler reprise, il faut parfois réinterroger le diagnostic initial. Non pas pour le contester, mais pour le contextualiser.

  • Quel était l’index d’apnées ?
  • Quels symptômes motivaient la prise en charge ?
  • Qu’est-ce qui a changé depuis ?

Dans certains cas, une réévaluation objective par polygraphie ou polysomnographie est pertinente, notamment si le poids, les traitements ou les comorbidités ont évolué.

Étape 2 : Identifier précisément les raisons de l’arrêt

Arrêter puis reprendre la PPC passe par une analyse fine des causes de l’abandon.

  • Est-ce le masque ?
  • L’inconfort nasal ?
  • L’angoisse nocturne ?
  • La pression ?
  • Le manque de bénéfice ressenti ?

Chaque réponse oriente vers une solution différente. Sans cette étape, toute tentative de reprise est vouée à reproduire l’échec précédent.

Étape 3 : Adapter avant d’insister

L’éducation thérapeutique et l’accompagnement personnalisé augmentent significativement l’adhésion à la PPC.

Cela peut impliquer :

  • un changement d’interface ;
  • une modification progressive des réglages ;
  • un travail spécifique sur l’anxiété liée au masque ;
  • un suivi rapproché lors des premières semaines.

Reprendre la PPC est donc un processus.

Reprendre la PPC n’est pas revenir en arrière

C’est probablement l’idée la plus difficile à faire accepter.

Reprendre la PPC après un arrêt donne parfois l’impression d’un retour à l’échec initial.

En réalité, c’est souvent l’inverse. Le patient qui reprend n’est plus le même. Il sait ce qui n’a pas fonctionné. Il peut mettre des mots sur ses limites. Il est souvent plus lucide, plus acteur.

Dans la pratique clinique, ces reprises tardives sont parfois plus solides que les débuts précipités. Parce qu’elles reposent sur une compréhension, plutôt que sur une injonction.

Où se situe Sleepizzzy dans ce parcours ?

Sleepizzzy intervient à deux moments clés du parcours, là où beaucoup de patients décrochent.

D’abord en amont, en proposant des outils numériques gratuits qui permettent de faire le point sur ses symptômes, de remettre de la lisibilité dans une situation souvent confuse et, surtout, de savoir s’il est pertinent de reprendre contact avec le système de soins. Il ne s’agit pas de poser un diagnostic, mais d’aider le patient à ne plus rester seul face à ses doutes.

Puis en aval, en facilitant l’accès à des médecins du sommeil, via des consultations médicales prises en charge, débouchant si nécessaire sur la prescription d’examens diagnostiques réalisables à domicile. Ce fonctionnement évite les déplacements inutiles et rend le parcours accessible, y compris dans les zones où les spécialistes sont rares.

Là où certaines solutions se limitent à un simple questionnaire, et où d’autres imposent un passage physique dans des structures dédiées, Sleepizzzy s’inscrit dans le cadre du système de soins existant, en simplifiant l’accès, sans jamais se substituer à l’expertise médicale.

Relu par

Dr Guillaume Marchand

Spécialiste du sommeil

Specialite: Psychiatre

Formation: DIU du sommeil et de ses pathologies et DU D’Expertise legale 

Le Dr Marchand est Médecin spécialiste du sommeil et des troubles de la vigilance

Ancien chef de service et ancien chef de clinique de l’AP-HP

Médecin, enseignant et coordinateur de recherches cliniques, mes activités se répartissent entre le 11em arrondissement et l’Hôtel Dieu de Paris.

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Maurice Lefort

Maurice Lefort

Témoin et blogueur apnée du sommeil Ancien grand fatigué diagnostiqué SAHOS, il partage expériences, conseils et vécu sur le syndrome d’apnée du sommeil pour aider à mieux dormir et mieux comprendre.
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