Apnée du sommeil : symptômes, causes et traitements

Apnée du sommeil : symptômes, causes et traitements | Sleepizzzy

Guide complet

Apnée du sommeil : comprendre ce trouble respiratoire nocturne

L’apnée du sommeil touche des millions de personnes en France, souvent sans qu’elles en aient conscience. Ce guide fait le point sur ce trouble, ses causes, ses symptômes, son diagnostic et ses traitements.

Voies respiratoires ouvertes Air inspiré librement Apnée obstructive Tissus affaissés Passage de l’air bloqué

Dans l’apnée obstructive, les tissus mous du pharynx s’affaissent et bloquent temporairement le passage de l’air. L’apnée centrale, plus rare, résulte d’un défaut de commande respiratoire par le cerveau, sans obstacle mécanique.

Qu’est-ce que l’apnée du sommeil

L’apnée du sommeil correspond à des interruptions répétées de la respiration pendant le sommeil, d’une durée d’au moins dix secondes chacune. Ces pauses respiratoires, appelées apnées, peuvent survenir des dizaines voire des centaines de fois au cours d’une même nuit, sans que la personne concernée s’en souvienne au réveil.

Selon la Haute Autorité de Santé, ce trouble se caractérise par des évènements respiratoires anormaux répétés durant le sommeil, associés à une fragmentation du sommeil qui empêche l’organisme de récupérer correctement.

Apnée obstructive

La forme la plus fréquente. Elle résulte d’un affaissement des tissus mous du pharynx qui bloque le passage de l’air.

Apnée centrale

Plus rare, elle provient d’un défaut de commande respiratoire par le cerveau, indépendamment de tout obstacle mécanique.


Comment se manifeste l’apnée du sommeil

Ce trouble reste souvent silencieux pendant la nuit elle-même, car les pauses respiratoires ne sont généralement pas ressenties par la personne qui les vit. Ce sont fréquemment le conjoint ou l’entourage qui remarquent en premier un ronflement sonore entrecoupé de silences, suivis d’un sursaut, parfois d’un réveil en suffoquant, ou d’une reprise bruyante de la respiration.

Le lendemain, plusieurs signes peuvent évoquer ce trouble :

  • Une fatigue présente dès le réveil malgré une nuit de durée normale
  • Une bouche sèche ou des maux de tête au lever
  • Une somnolence marquée en journée, en particulier après les repas ou dans les transports
  • Des difficultés de concentration ou des troubles de la mémoire
  • Une irritabilité inhabituelle
  • Un besoin fréquent d’uriner la nuit

Ces signes ne sont pas spécifiques à l’apnée du sommeil et peuvent avoir d’autres origines. Leur association, en particulier avec un ronflement important ou des pauses respiratoires observées, renforce néanmoins la probabilité de ce diagnostic.


Les causes et facteurs de risque

Plusieurs éléments peuvent favoriser la survenue d’une apnée du sommeil, souvent de façon combinée.

Facteurs anatomiques

Un cou épais, des amygdales volumineuses, une langue volumineuse ou une cloison nasale déviée peuvent réduire le calibre des voies aériennes supérieures et favoriser leur affaissement pendant le sommeil.

Le surpoids et l’obésité

L’excès de tissu graisseux au niveau du cou et de la gorge est l’un des facteurs de risque les plus fréquemment associés à l’apnée obstructive, en réduisant l’espace disponible pour le passage de l’air.

L’âge et le sexe

La fréquence de l’apnée du sommeil augmente avec l’âge. Elle est également plus fréquente chez l’homme, bien que sa prévalence chez la femme augmente nettement après la ménopause.

Certaines substances

L’alcool, le tabac et certains somnifères peuvent relâcher davantage les muscles des voies respiratoires ou diminuer la sensibilité du cerveau aux baisses d’oxygène, ce qui peut favoriser ou aggraver les épisodes d’apnée.

Antécédents familiaux et certaines pathologies

Des antécédents familiaux d’apnée du sommeil, une hypertension artérielle, un diabète, une hypothyroïdie ou un reflux gastro-œsophagien peuvent être associés à un risque accru de ce trouble.


Pourquoi l’apnée du sommeil mérite d’être prise au sérieux

Au-delà de la fatigue et de la somnolence qu’elle engendre, l’apnée du sommeil non traitée peut être associée, à long terme, à un risque accru de complications cardiovasculaires, telles que l’hypertension artérielle, certains troubles du rythme cardiaque ou un risque cardiovasculaire globalement augmenté. Elle peut également être associée à un risque accru d’accidents de la route ou du travail, en raison de la somnolence diurne qu’elle provoque.

Ce que cela ne veut pas dire

Ces éléments ne signifient pas que toute personne présentant une apnée du sommeil développera ces complications. Ils expliquent en revanche pourquoi un diagnostic et une prise en charge adaptée sont recommandés lorsque ce trouble est suspecté.


Comment l’apnée du sommeil est-elle diagnostiquée

Le diagnostic repose sur un examen du sommeil, prescrit par un médecin devant des symptômes évocateurs. L’examen de première intention est généralement la polygraphie ventilatoire, réalisable à domicile, qui enregistre le flux respiratoire, les mouvements thoraciques et abdominaux, la saturation en oxygène et la fréquence cardiaque pendant une nuit complète.

Dans certaines situations plus complexes, une polysomnographie, réalisée en laboratoire du sommeil, peut être proposée. Cet examen plus complet permet en plus d’analyser les stades du sommeil grâce à l’enregistrement de l’activité cérébrale.

Les résultats de ces examens permettent de calculer l’indice d’apnées-hypopnées, ou IAH, qui correspond au nombre moyen d’événements respiratoires anormaux par heure de sommeil. Cet indice permet de classer la sévérité du trouble, de léger à sévère, et guide le choix du traitement en complément des symptômes rapportés par le patient.


Les traitements de l’apnée du sommeil

La pression positive continue (PPC)

Un masque relié à un appareil insuffle de l’air à une pression légèrement supérieure à la pression atmosphérique, ce qui maintient les voies respiratoires ouvertes pendant le sommeil. C’est le traitement de référence pour les formes modérées à sévères d’apnée obstructive.

L’orthèse d’avancée mandibulaire

Fabriqué sur mesure par un dentiste ou un orthodontiste, ce dispositif maintient la mâchoire inférieure légèrement avancée pour agrandir l’espace disponible pour l’air. Proposé surtout dans les formes légères à modérées, ou si la PPC est mal tolérée.

La perte de poids

Chez les personnes en surpoids, une perte de poids peut réduire significativement la sévérité de l’apnée du sommeil, parfois en complément d’un autre traitement.

La chirurgie

Certaines interventions portant sur les amygdales, le voile du palais ou la structure des voies aériennes peuvent être envisagées dans des situations spécifiques, en particulier lorsqu’une anomalie anatomique précise est identifiée.

Mesures posturales et hygiène de sommeil

Chez certaines personnes, les événements surviennent surtout sur le dos ; des dispositifs favorisant le sommeil sur le côté peuvent réduire leur fréquence. Limiter l’alcool en soirée et des horaires réguliers contribuent aussi à limiter les symptômes.


L’apnée du sommeil selon les populations

L’apnée du sommeil ne se manifeste pas de la même façon selon les personnes.

Chez la femme

Elle peut passer davantage inaperçue, avec des symptômes parfois moins typiques que le ronflement classique, comme une fatigue diffuse ou des troubles de l’humeur.

Chez l’enfant

Elle peut être associée à des amygdales volumineuses et se manifester par des difficultés de concentration ou un comportement agité en journée plutôt qu’une somnolence évidente.

Chez la personne âgée

Les symptômes peuvent se confondre avec d’autres troubles liés à l’âge, ce qui peut retarder le diagnostic.


Vivre avec une apnée du sommeil traitée

Avec un traitement adapté et bien suivi, la majorité des personnes constatent une amélioration nette de la qualité du sommeil, de la fatigue diurne et de la concentration. L’adhésion au traitement, en particulier à la PPC, joue un rôle déterminant dans les résultats obtenus.

Un suivi médical régulier permet d’ajuster le traitement si nécessaire et de vérifier son efficacité dans la durée.


Questions fréquentes

Peut-on avoir une apnée du sommeil sans ronfler ?

Oui, certaines apnées surviennent avec un ronflement discret ou absent. L’absence de ronflement ne permet donc pas d’écarter ce diagnostic à elle seule.

L’apnée du sommeil disparaît-elle avec le temps ?

Elle ne disparaît généralement pas spontanément et tend même à évoluer avec l’âge ou la prise de poids. Une prise en charge adaptée permet en revanche de contrôler efficacement les symptômes.

L’apnée du sommeil est-elle héréditaire ?

Des antécédents familiaux peuvent être associés à un risque plus élevé, notamment en lien avec des caractéristiques anatomiques partagées au sein d’une même famille.

Peut-on conduire avec une apnée du sommeil ?

La conduite reste possible, mais la somnolence associée à une apnée du sommeil non traitée peut augmenter le risque d’accident. Un médecin peut évaluer cette situation au cas par cas.

La PPC est-elle remboursée ?

Le traitement par PPC, prescrit par un médecin, peut faire l’objet d’une prise en charge par l’Assurance Maladie selon les conditions habituelles de remboursement, avec une éventuelle participation de la mutuelle.

Une montre connectée peut-elle détecter une apnée du sommeil ?

Certains dispositifs connectés peuvent repérer des signes indirects, comme des variations de la fréquence cardiaque ou de la saturation, mais ils ne remplacent pas un examen médical du sommeil pour établir un diagnostic.

Un premier test d’orientation peut aider à évaluer si les symptômes ressentis évoquent une apnée du sommeil. Faire le test gratuit. Découvrez également pourquoi choisir Sleepizzzy. En cas de doute, l’avis d’un médecin reste la meilleure ressource.

sleepizzzy

Cet article a un objectif d’information générale. Il ne constitue ni un diagnostic ni un avis médical personnalisé. Seul un médecin peut confirmer une apnée du sommeil et proposer une prise en charge adaptée.