diabète et apnée du sommeil

Diabète et apnée du sommeil : pourquoi il est important de faire le test

Pourquoi il est important de faire le test

Lorsque l’on vit avec un diabète, on surveille naturellement sa glycémie, son alimentation, son activité physique, sa tension artérielle ou encore son cholestérol. Mais le lien entre diabète et apnée du sommeil est à surveiller.

Mais un élément important reste encore trop souvent oublié : le sommeil.

Le diabète, en particulier le diabète de type 2, et l’apnée obstructive du sommeil sont étroitement liés. Ils partagent certains facteurs de risque, peuvent s’aggraver mutuellement et augmentent tous deux le risque cardiovasculaire.

Pourtant, de nombreuses personnes souffrant d’apnée du sommeil l’ignorent encore.

Si vous vivez avec un diabète, quelques questions simples peuvent permettre de savoir si votre sommeil mérite une évaluation plus approfondie.

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L’apnée du sommeil, qu’est-ce que c’est exactement ?

L’apnée obstructive du sommeil correspond à des interruptions ou à des diminutions répétées de la respiration pendant la nuit.

Lorsque les voies respiratoires se ferment temporairement, le passage de l’air diminue ou s’interrompt. L’organisme doit alors provoquer de brefs réveils pour permettre à la respiration de reprendre.

Ces micro-éveils sont généralement si courts que la personne ne s’en souvient pas le matin. Pourtant, ils peuvent se répéter plusieurs dizaines de fois par heure et fragmenter profondément le sommeil.

La personne peut donc avoir passé sept ou huit heures au lit tout en ayant bénéficié d’un sommeil peu réparateur.

Pourquoi le diabète et l’apnée du sommeil sont-ils souvent associés ?

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Diabète de type 2 : le sommeil mérite aussi votre attention

L’apnée obstructive du sommeil peut concerner près d’une personne sur quatre vivant avec un diabète de type 2. Cette fréquence augmente encore lorsque le surpoids, l’hypertension ou d’autres facteurs de risque sont également présents.

Données issues des recommandations de l’American Diabetes Association. La fréquence varie selon les populations étudiées.

Le lien est particulièrement marqué avec le diabète de type 2.

Selon les recommandations 2026 de l’American Diabetes Association, la fréquence de l’apnée obstructive du sommeil peut atteindre environ 23 % chez les personnes vivant avec un diabète de type 2. Si l’on considère plus largement l’ensemble des troubles respiratoires du sommeil, cette proportion peut atteindre 58 %.

Dans une cohorte composée de personnes présentant à la fois une obésité et un diabète de type 2, plus de 80 % avaient un trouble respiratoire du sommeil. Ce chiffre ne s’applique pas à toutes les personnes diabétiques, mais il montre à quel point l’association devient fréquente lorsque plusieurs facteurs de risque sont réunis.

L’âge, le surpoids, l’obésité abdominale, l’hypertension artérielle et la sédentarité peuvent notamment favoriser les deux maladies.

Cependant, leur association ne semble pas s’expliquer uniquement par le poids.

L’apnée du sommeil peut-elle perturber la glycémie ?

Pendant une apnée, le taux d’oxygène dans le sang peut diminuer momentanément. La respiration reprend ensuite, souvent accompagnée d’un micro-éveil.

La répétition de ces épisodes peut provoquer plusieurs réactions dans l’organisme :

  • activation du système nerveux sympathique ;
  • augmentation des hormones du stress ;
  • inflammation chronique ;
  • stress oxydatif ;
  • perturbation de certaines hormones impliquées dans l’appétit ;
  • diminution de la sensibilité à l’insuline.

L’organisme peut alors avoir davantage de difficulté à utiliser correctement l’insuline. On parle d’insulinorésistance.

À long terme, ces mécanismes pourraient favoriser une élévation de la glycémie et contribuer au développement ou au déséquilibre d’un diabète de type 2.

Cela ne signifie pas que l’apnée du sommeil explique à elle seule un diabète ou un mauvais résultat d’HbA1c. Le diabète est une maladie complexe, influencée par de nombreux facteurs. Mais le sommeil fait désormais partie des éléments à prendre en compte dans son suivi.

Le diabète peut-il, à son tour, favoriser l’apnée du sommeil ?

La relation fonctionne probablement dans les deux sens.

Le diabète de type 2 est souvent associé à une prise de poids abdominale ou à une obésité. L’accumulation de tissus autour du cou et des voies respiratoires peut faciliter leur fermeture pendant le sommeil.

D’autres mécanismes, notamment certaines atteintes neurologiques liées au diabète, pourraient également perturber le contrôle des muscles qui maintiennent les voies respiratoires ouvertes. Ces mécanismes sont néanmoins moins clairement établis que le rôle du poids et de l’obésité abdominale.

On parle donc souvent d’une association bidirectionnelle :

  • l’apnée du sommeil peut favoriser l’insulinorésistance ;
  • le diabète et les facteurs qui l’accompagnent peuvent augmenter la probabilité de présenter une apnée.

Quels signes doivent attirer votre attention ?

L’apnée du sommeil ne provoque pas toujours une somnolence spectaculaire. Certaines personnes ne ressentent même aucune difficulté particulière pendant la journée.

Les principaux signes à surveiller sont :

  • des ronflements réguliers et importants ;
  • des pauses respiratoires observées par le conjoint ;
  • des reprises de respiration bruyantes ou une sensation d’étouffement ;
  • un sommeil agité ;
  • des réveils nocturnes fréquents ;
  • une bouche sèche au réveil ;
  • des maux de tête matinaux ;
  • des envies fréquentes d’uriner pendant la nuit ;
  • une somnolence dans la journée ;
  • des difficultés de concentration ou de mémoire ;
  • une irritabilité inhabituelle ;
  • l’impression de ne pas avoir récupéré malgré une nuit suffisamment longue.

Une hypertension difficile à contrôler, un surpoids abdominal ou un diabète difficile à équilibrer peuvent également renforcer l’intérêt d’une évaluation.

Chez certaines femmes, l’apnée se manifeste moins par un ronflement spectaculaire que par des réveils fréquents, une impression d’insomnie, un manque d’énergie ou des troubles de l’humeur.

Pourquoi l’association entre diabète et apnée mérite-t-elle une attention particulière ?

Le diabète et l’apnée du sommeil sont tous deux associés à une augmentation du risque cardiovasculaire.

Lorsqu’elle n’est pas prise en charge, une apnée importante peut notamment être associée à :

  • une hypertension artérielle ;
  • des troubles du rythme cardiaque ;
  • une maladie coronarienne ;
  • un accident vasculaire cérébral ;
  • une diminution de la vigilance ;
  • un risque accru d’accident, notamment au volant ;
  • une altération de la qualité de vie.

Une personne vivant avec un diabète présente déjà un risque cardiovasculaire qui nécessite une surveillance attentive. Identifier une éventuelle apnée permet donc de ne pas laisser de côté un facteur supplémentaire susceptible d’être pris en charge.

Traiter l’apnée peut-il améliorer le diabète ?

Le traitement de l’apnée du sommeil peut améliorer le sommeil, la vigilance, la qualité de vie et le contrôle de la tension artérielle.

Concernant la glycémie, les études ont longtemps donné des résultats variables.

Une méta-analyse publiée en 2023 a regroupé onze essais randomisés, représentant 964 personnes présentant à la fois un diabète de type 2 et une apnée obstructive du sommeil.

Le traitement par pression positive continue, ou PPC, a été associé à une diminution moyenne de l’HbA1c d’environ 0,24 point. L’amélioration était liée au nombre d’heures d’utilisation de l’appareil chaque nuit.

Ce résultat reste modeste et ne signifie pas que le traitement de l’apnée remplace l’alimentation adaptée, l’activité physique ou les médicaments prescrits pour le diabète.

Il montre toutefois qu’un sommeil correctement traité peut participer à une meilleure prise en charge globale, surtout lorsque le traitement est utilisé régulièrement.

Faut-il faire un enregistrement du sommeil lorsqu’on est diabétique ?

Toutes les personnes vivant avec un diabète n’ont pas besoin de réaliser immédiatement une polygraphie ou une polysomnographie.

La première étape consiste à rechercher les symptômes et les principaux facteurs de risque.

Les recommandations 2026 de l’American Diabetes Association préconisent de rechercher les problèmes de sommeil chez les personnes vivant avec un prédiabète ou un diabète, y compris les signes de troubles tels que l’apnée du sommeil.

La Fédération internationale du diabète recommande également d’envisager une recherche d’apnée chez les personnes vivant avec un diabète de type 2, particulièrement en présence :

  • de ronflements importants ;
  • de pauses respiratoires observées ;
  • d’une somnolence dans la journée ;
  • d’une hypertension résistante ;
  • d’une obésité ou d’un syndrome métabolique.

Un questionnaire permet d’estimer la probabilité d’une apnée, mais il ne pose pas de diagnostic.

Lorsque le profil est évocateur, le diagnostic doit être confirmé par un enregistrement de la respiration pendant le sommeil, réalisé à domicile ou dans un centre du sommeil selon la situation.

Et en cas de diabète de type 1 ?

La relation entre l’apnée obstructive du sommeil et le diabète de type 2 est la mieux documentée.

Les personnes vivant avec un diabète de type 1 peuvent néanmoins également présenter une apnée, une insomnie, un syndrome des jambes sans repos ou d’autres perturbations du sommeil.

Les hypoglycémies nocturnes, les alarmes des dispositifs de surveillance et la gestion du diabète pendant la nuit peuvent également altérer le sommeil.

C’est pourquoi les recommandations actuelles ne limitent pas l’évaluation du sommeil au seul diabète de type 2 : toute personne vivant avec un diabète et rencontrant des difficultés de sommeil devrait pouvoir en parler et bénéficier d’une orientation adaptée.

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Ronfler ne signifie pas automatiquement que l’on souffre d’apnée du sommeil.

À l’inverse, ne pas ressentir de somnolence importante ne permet pas d’exclure une apnée.

Sleepizzzy vous propose une première évaluation gratuite et structurée de votre sommeil. Le questionnaire prend en compte vos ronflements, les observations de votre entourage, votre vigilance, vos antécédents et certains facteurs de risque.

À l’issue de cette évaluation :

  • vous obtenez une première orientation ;
  • les éléments importants de votre profil sont identifiés ;
  • si votre situation le justifie, elle peut être examinée par un professionnel formé au sommeil ;
  • un enregistrement nocturne peut ensuite être proposé lorsqu’il est indiqué.

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Quelques minutes peuvent suffire pour identifier une situation qui mérite d’être approfondie.

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Ronflements, pauses respiratoires signalées par votre entourage, réveils fréquents ou somnolence pendant la journée : quelques questions permettent d’évaluer si votre profil mérite d’être approfondi.

Faire gratuitement le test sommeil Questionnaire d’orientation gratuit et sans engagement. Il ne constitue pas, à lui seul, un diagnostic médical.

Questions fréquentes

Est-ce que toutes les personnes diabétiques font de l’apnée du sommeil ?

Non. Le diabète augmente la probabilité de retrouver une apnée, surtout en présence d’un surpoids, d’une obésité abdominale, d’une hypertension ou de symptômes évocateurs. Mais une personne diabétique peut parfaitement ne pas présenter d’apnée.

Peut-on avoir une apnée du sommeil sans être en surpoids ?

Oui. Le poids est un facteur important, mais ce n’est pas le seul. L’anatomie des voies respiratoires, l’âge, le sexe, la ménopause, l’alcool, certains médicaments et les antécédents familiaux peuvent également intervenir.

Un questionnaire suffit-il pour diagnostiquer une apnée ?

Non. Un questionnaire permet d’évaluer la probabilité d’une apnée et de déterminer s’il est pertinent d’aller plus loin. Le diagnostic repose sur un enregistrement du sommeil.

Le traitement de l’apnée peut-il remplacer les médicaments du diabète ?

Non. Le traitement de l’apnée complète la prise en charge du diabète, mais ne remplace jamais les médicaments, les recommandations alimentaires ou l’activité physique prescrits par les professionnels qui vous suivent.

Sources

  • American Diabetes Association, Standards of Care in Diabetes, 2026.
  • Haute Autorité de santé, Dispositifs médicaux de pression positive continue et traitement du syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil, 2026.
  • Assurance Maladie, dossier Apnée du sommeil.
  • International Diabetes Federation, Consensus Statement on Sleep Apnoea and Type 2 Diabetes.
  • Herth J. et collaborateurs, méta-analyse sur la PPC, le contrôle glycémique et le diabète de type 2, European Respiratory Review, 2023.

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